Naître d'en haut (Jn 3, 1-8)
- Isabelle Halleux
- 17 avr. 2023
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 avr. 2024
Nicodème, un « notable parmi les juifs », bien avant la passion, rencontre Jésus, de nuit, lui demande comment voir, entrevoir, entrer dans cette vie, dans « sa » vie, dans « le royaume de Dieu». La réponse est simple : il faut « renaître », « naître de l’eau et de
l’Esprit », « naître d’en haut ! ».
A moins de naître d’en haut,
On ne peut voir le royaume de Dieu. (Jn 3, 3)
Le vent souffle où il veut :
Tu entends sa voix,
Mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. (Jn 3, 8)
Je ne peux m’empêcher de penser aux nombreux et longs moments de silence qui ont émaillé notre chemin vers Pâques. Dans le silence, on peut entendre le vent, percevoir la brise, écouter le moindre souffle. On entend pénétrer l’air qu’on inspire, on le sent frais, et on le découvre réchauffé quand on expire. On évacue toute préoccupation de soi, d’autrui. On prend conscience du vide qui conduit à un désir, au désir de « sa » présence. On entre en contact, on rend le moment fécond, on rend le moment « vraie rencontre »… « Il » attendait.
Naître de l’Esprit, naître d’en-haut, c’est cela. C’est découvrir, c’est reconnaître que Dieu m’habite au plus profond de moi-même. C’est me mettre en sa présence. C’est accepter d’être possédée tout entière par lui. « Le » laisser venir. Me laisser aller. « Entrer dans la fête que le Christ Ressuscité vient animer au plus intime de mon cœur [1] ». Vivre de cette fête. Vivre en chrétien.
Continuons à accueillir ce qui nous a été donné : ce désert, cette Pâque, cette essentielle nouveauté, cette (re)naissance qui nous vient d’en haut, ce souffle que nous percevons si bien dans le silence, chacun, chacune, sur ce chemin qui nous est personnel et secret.
[1] Expression de Frère Roger de Taizé (1970) reprise comme thème de la retraite de Pâques 2023 proposée par la Communauté de Grandchamp .
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