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« Notre Père ». Des mots ? Nos mots ! (Lc 11, 1-4)

  • Photo du rédacteur: Isabelle Halleux
    Isabelle Halleux
  • 1 oct. 2023
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 oct. 2023

Pour méditer cette lecture, je partage avec vous quelques phrases du magnifique commentaire de Soeur Anne Lécu [1], auxquelles je fais quelques ajouts personnels en italique.


Icône du Christ en prière à Gethsémani, d'après une fresque du Monastère de Sainte Catherine du Sinaï - ©Isabelle Halleux, 2021

« A celui qui le demande, Jésus a donné des mots pour prier. Des mots dans lesquels nous pouvons nous abriter comme en une maison sûre. Chacun d'entre nous peut mettre sa voix dans les mots du Notre Père, une prière pour tous, tissée de mots simples. Dire notre Père et se laisser conduire dans l'intimité du Fils. Être Fils, être bien-aimé, le croire et en vivre.


Les mots de notre coeur, les mots secrets, les murmures intimes, les cris, notre Père les reçoit comme une confidence, comme un cadeau précieux. Il nous ouvre le Ciel de son coeur, source de toute vie, de tout amour. Il nous donne d'être présents, d'être dans sa Présence, comme dans l'air que nous respirons. Alors le Ciel est là, maintenant, sur la terre. Car sa Présence est le ciel. »

 

« Seigneur tu me redresses quand je te dis Père. Les mots que Jésus a mis en ma bouche montent vers toi, ils rejoignent ceux des autres, ils rassemblent tous nos cris, nos jubilations, nos espérances, nos silences.


Ces mots nous font frères et soeurs, filles et fils, de tout temps, de tout horizon. Père, Père de nous, notre Père, Père de tous. Ces mots fondent notre fraternité comme horizon de la vie commune en ce monde.


Comment creuser la jubilation qu'il y a à prononcer les mêmes mots, de la même prière en tant de langues ?


Ce sont les mots de Jésus. Ce sont sa présence, son souffle, sa vie. Ce sont ses lèvres qui les murmurent avec nos lèvres; son souffle porte notre souffle, sa présence soutient notre voix, et même notre absence quand nous tentons d'y être tout en étant ailleurs. »


Ce sont les mots prononcés par les évangélistes. Les mots des moines du désert, de saint Benoît, de saint Servais, de Charlemagne, de saint Lambert, de saint Hubert. Ceux de Cyrille et Méthode, de Martin Luther, de Grégoire de Narek. Les mots de Martin Luther King, de Nelson Mandela, des martyrs de Chine, du Japon, d'Amérique latine. Les mots d'Andreï Roublev, de Michel-Ange, de Chagall, de Sadao Watanabé et de Hé Qi. Les mots de Dimitri Korsakov, Jacques Berthier, Benjamin Britten, Arvo Pärt. Les mots de nos familles, de nos communautés, des juifs et des chrétiens de toute confession et de toute tendance, les mots de ceux et celles qui t'ont cherché et te cherchent encore...

« Notre Père, Père de tous, Père de tout ceux qui te cherchent (...), Père unique.


Par le cadeau de cette prière, le ciel s'ouvre et nous pouvons te parler sans obstacle, sans peur, comme des fils et des filles libres. Apprends-nous, ô notre Père, à écouter la prière de ce monde, à la recueillir et à la porter jusqu'à toi. Apprends-nous à te parler et te présenter ce monde, les drames cachés des hommes, la vie de nos proches, la beauté de ta création, nos joies et nos peurs.


Recueille, ô notre Père, les mots que nous te disons en silence et glisse-les dans ceux de ton Fils. Habille-les de sa prière.


Viens habiter nos vies. Viens retourner une à une nos mains. Viens les déplier et les ouvrir, corolles de fleur au gai printemps. »


[1] Soeur Anne Lécu & Frère Yves, Notre Père, Cerf, 2020, 109 p.

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NB : Mes réflexions n'engagent que moi. Libre à vous de partager si vous estimez qu'elles le méritent...

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